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 Sorties années précédentes

Nos sorties sont gratuites et réservées aux membres de notre association. Elles sont cependant accessibles aux non-membres sous réserve d'une inscription préalable par téléphone 05 65 31 44 00 (HB), soit par mail : contact@asmpq.net
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Compte-rendus de nos sorties 2011

Samedi 14 mai 2011 - ESCAMPS

Ce samedi après-midi commença dans la mauvaise humeur d’un ciel bien chargé, arrangé d’un petit vent coulis, le tout agrémenté d’averses fraîches. Le remords peut-être, fit éclore en fin d’après-midi, un tendre sourire d’un soleil sur le retour. Nous étions bien une quarantaine de braves ce jour donc au bord de la doline au village d’Escamps, les pieds au frais dans les herbages mouillés. Nous avaient rejoints nos guides émérites: Monsieur Moles, le Maire, Catherine David, notre guide, assistée de Madame Molesin et de Monsieur Portal, historien du village. La doline est une dépression sur le plateau caussenard, œuvre du jeu karstique des eaux qui décomposant les roches en surface crée une couche marneuse qui devenue imperméable amène une nappe phréatique proche de la surface du sol. Sur le causse, l’eau est une denrée rare. Aussi pour les hommes vivants sur ce sol aride, la présence de ce phénomène est une chance. Ainsi voilà pourquoi le village s’établit sur les deux bords perpendiculaires de ce presque rectangle, bords en légère élévation par rapport à cette cuvette. Les habitants creusèrent de nombreux puits et laquets sur le pourtour. Au départ de notre visite, nous sommes au pied d’un de ces puits ouverts, le plus grand des deux. Le mur en pierres sèches d’une hauteur de un mètre à peu près, dessine un vaste cercle. Un escalier de pierres descend dans l’intérieur du puits permettant d’atteindre l’eau quelque soit son niveau. Une pièce d’eau y est adjointe, bordée d’un appentis formant lavoir. Les restes d’anciens systèmes de puisage par roue et chaîne à godets sont encore en place et l’un d’entre eux a été restauré. Un peu à l’écart, un petit bâtiment fermé cache un autre puits dont les eaux sont ainsi protégées. La présence de la doline et son exploitation a généré un ensemble de petits patrimoines destinés à l’accessibilité de l’eau, patrimoines qu’il faut essayer de protéger pour le plus grand nombre mais aussi restauré pour les plus précieux d’entre eux. C’est à ce travail que Monsieur le Maire s’adonne avec énergie et dynamisme. Peut-on tout garder ? Ce n’est pas toujours possible. Ici les deux grands puits ont été sauvegardés. Du puits, nous apercevons le village qui aligne ses maisons exposées au sud et ouvrant au soleil ainsi leurs façades. Le sol frais de la dépression était partagé en petits lopins afin que chaque habitant puisse y être propriétaire. Cette terre grasse et régulièrement amendée était consacrée à la culture du chanvre et des légumes, par rotations certainement. Monsieur le Maire nous montre le magnifique travail de réfection de plus de deux cents mètres de murets encadrant étroitement un sentier sinueux par lequel descendaient auparavant les animaux allant boire à la pièce d’eau. Cette reconstruction très soignée d’un bien beau patrimoine a été réalisée lors d’un stage de jeunes venus souvent de bien loin. Nous quittons le premier puits pour atteindre le second un peu plus petit, mais la pièce d’eau est plus grande. Un lavoir ayant gardé ses pierres en V pour le battage du linge se mire dans la quiétude de la pièce bien joliment bordée d’une double rangée de hauts peupliers frémissants. C’est enfin un puits bouteille qui nous est débouché. Il en existe plus d’une quarantaine sur les lieux. En effet c’est un bouchon en pierre qui couvre ce puits maçonné et enterré jusqu’au goulot. Est-ce une spécifiée du lieu? Nous traversons le village, allant à la découverte de quelques restes de constructions médiévales qui attestent de l’ancienneté de six ou sept maisons ( du XVème au XVIIème siècles): éléments de portes, de médaillons et clés sculptés. Nous ne cherchons pas à réveiller le château dormant construit en plusieurs étapes et couvert d’un long toit mansardé. L’Eglise du XIXème nous accueille pour y regarder des photos anciennes des lieux et pour se poser un peu. A la sortie de l’église, Monsieur le Président remercie tous les acteurs qui ont fait de cet après-midi une bien belle réussite. Il tient à saluer Monsieur le Maire pour son action de protection, de maintien, de sauvegarde du petit patrimoine intégré dans une politique d’aménagement et développement du village, soulignant par là que cette politique correspond parfaitement à l’esprit des objectifs que s’est donné notre association. Quelques pas encore nous amènent au pied da la tour de l’ancien fort. Celle-ci après étêtage, a pris les airs bonhomme d’un logis bourgeois. C’est au mas de Fraysse, que nous atteignons le terme de nos visites. Ce sont des centaines d’espèces différentes d’iris, sauges... qui sont cultivées ici. La jeune propriétaire nous invite à la visite. En plus du soleil enfin de retour, c’est Monsieur Portal, historien mais aussi fin musicien qui agrémente de son art notre verre de l’amitié.

Henry Renault

Mercredi 8 juin 2011 - FONS
C'est plus d'une quarantaine d'entre nous, bien couverts en cet hiver de la Saint Médard, qui nous retrouvons aux portes de Fons, au bord d'un charmant ruisseau, la Dournelle. Celle-ci ne nous quittera pas tant que nous déambulerons dans la grande rue, axe principal de l'agglomération. Agglomération n'est-il pas un trop grand mot
pour ce qui, à première vue n'est qu'un très beau village. Non point, nous fait remarquer notre guide du jour, Monsieur Nicolas Bru, conservateur des objets mobiliers au Conseil Général du Lot et auteur d'une maîtrise sur l'occupation urbaine à Fons au Moyen-Age.
Le ciel depuis quelque temps nous gratifie d'un timide soleil, par éclipses mais bienvenu, et nous pénétrons dans le centre de Fons qui, effectivement, par ses nombreuses maisons bourgeoises nous révèle son haut passé de ville de quelque importance. Les maisons remontant par certaines de leurs parties aux XIIIe et XIVe siècles sont répertoriées au nombre d'une trentaine.
Monsieur Bru porte notre attention sur les éléments d'architecture ou de décor persistants depuis le Moyen Age sur quelques maisons sises prés de la petite halle reconstruite, elle, au XIXe siècle.
Nous remontons par une rue pour nous placer un peu au-dessus des bâtiments de l'ancienne abbaye bénédictine, constructions imposantes de la fin du XVIIIe siècle : Eglise Notre Dame des Artels, grand bâtiment conventuel d'une belle et austère majesté. Aujourd'hui, elle est maison d'éducation recevant des enfants handicapés.
Ces deux constructions remplacent un ancien monastère fond au Xe siècle. Le puissant Seigneur Abbé du lieu, le second par importance après le Seigneur Evêque de Cahors, va régner sur cette ville devenue prospère au cours des siècles grâce à ses nombreux artisans et banquiers Le site de la cité occupe le fond d'une vallée étroite, bien arrosée d'eaux vives, toute en longueur et resserrées par des collines pentues que les maisons bourgeoises trop à l'étroit essaient de grimper.
Monsieur Bru nous conte la longue histoire souvent mouvementée de cette ville prospère pendant longtemps puis délaissée à l'époque moderne par les voies de communication importantes. Chef lieu de canton à la Révolution, elle est destituée de on titre, annonçant ainsi le début de sa déchéance. Sous l'Ancien Régime, elle possède son hôpital, une maladrerie sise à l'écart, un Tribunal baillal puis royal lors de l'intégration du Quercy avec le Comté de Toulouse au Royaume de France.

Sur l'ancien tribunal, Monsieur Bru nous dresse l'inventaire de tous les éléments architecturaux qui, en cours des nombreux remaniements, ont perduré mais surtout les choix qui ont amené la disparition d'éléments de grande importance. La maison en face, abandonnée, montrant ses plaies plus ou moins profondes a l'avantage dans sa nudité d'établir un catalogue plus riche d'éléments d'architectures et de décors remontant à l'origine de sa construction. Qu'en retiendra sa future restauration, si restauration il y a ?

Grimpons jusqu'à l'Eglise paroissiale. Elle est atteinte après une montée rude et exigeante qui nous fait mériter un peu de paradis. Peu de choses à dire sur ce qui subsiste de ses origines romanes fortement remaniées par un gothique quelconque. Son étrange architecture, qui ménage en dehors du lieu de culte de nombreux espaces libres parle de son passé d'église fortifiée qui eut à maintes reprises à servir de lieu d'abri et de défense. Mais du haut des escaliers devant le porche, nous pouvons admirer le panorama de la ville et de ses « montagnes ». Si un certain nombre de constructions se sont effacées dans le temps, il semble aussi qu'elle n'ait pas entièrement rempli l'espace compris dans l'enceinte. D'ailleurs on peut suivre des yeux une bonne partie des murailles bien conservées jusqu'à ce jour. La ville aurait abrité de cinq à six mille âmes.

Quelques centaines de mètres à pied nous séparent du château du Roc. Sa propriétaire, Madame Françoise Pitt-Rivers, philosophe et écrivain, nous y invite à profiter de la beauté de son parc et de son plan d'eau. C'est en cet endroit plein de charme que nous prenons le verre de l'amitié. Monsieur le Président remercie les organisateurs de cette journée fort enrichissante et fort réussie, plus particulièrement Monsieur Bru qui s'est montré un guide disert, clair, précis, en un mot parfait et Madame Pitt-Rivers, qui, en plus de nous avoir ouvert les frondaisons monumentales de son parc,
a tenu à suivre la visite de la « ville » de Fons en notre compagnie.
Le soleil a replié ses rayons, la brise a repris ses fraîcheurs automnales et nous nous quittons.

Henri Renault