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COMPTE-RENDU DE NOS SORTIES 2010

Dimanche 2 mai, Cazals, Salviac et Marminiac

Une averse bienveillante nous fit craindre le pire lors de notre rendez-vous sur la place du Foirail à cazals. Mais les dieux étaient avec nous et nos promenades furent épargnées jusqu’à bénéficier en fin de visite d’une timide éclaircie.
Une cinquantaine d’amis de nos deux associations ASMPQ et MPF Lot sortent de la ville , s’étant regroupés dans quelques véhicules et grimpent au château tout proche. Devant une ravissante demeure mi-dix septième, mi-quercynoise, nous sommes accueillis par Messieurs Jouclard et Raymond. Notre Président nous présente et notre programme et nos hôtes.
Madame Marroux nous dresse un rapide tableau historique de ce domaine, modestes restes d’un important castrum dominant lui-même un important bourg fortifié. Nous sommes à un carrefour d’anciennes voies qui apportèrent les richesse d’un commerce intense mais aussi fut un site stratégique qu’on se disputa. Les guerres, contre les Albigeois, de Cent Ans, de Religions, tout celà bien assaisonné de bonnes épidémies eurent raison de la population, du château et du bourg. La demeura actuelle est en rénovation. Nous nous promenons dans ces paisibles jardins en terrasse descendant vers le val, en fond, de petites collines boisées. Les jardins embaument de fleurs sauvages ou cultivées et nous invitent au bonheur serein de rêver et d’oublier tous ces fracas.
Monsieur Jouclard nous entraîne ensuite vers le Musée du matériel agricole à Salviac dont il est le créateur. Des centaines de tracteurs, de machines, d’automobiles anciennes ayant parcouru les routes de la Bouriane et au-delà sont alignés sous de vastes hangars de métal et de toile. Monsieur Jouclard restaure tous ces véhicules. Quel travail et quel courage !
“Roger Bissière (1886-1964), peintre français. Il a évolué d’un cubisme modéré à une figuration sensible et intime.” nous renseigne le Petit Larousse. Nous sommes à Marminiac, plus précisément au hameau de la Boissiérette, sur la propriété de la famille Bissière. C’est son petit fils, peintre, sculpteur et poète qui nous fait l’honneur de nous ouvrir les portes de son domaine. Après nous avoir accueillis, ,il nous remet entre les mains d’un guide o combien précieux, Monsieur Yves Bargues. Nous parcourons bientôt les prés et les bois de cette vaste propriété
dominant un vaste horizon après avoir admiré la chapelle restaurée et ornée par les membres de cette famille d’artistes. Le bâtiment n’est qu’un grand volume rectangulaire. Le sol est couvert d’une fine mosaïque de petits cailloux choisis pour leur forme et leur coloris tout celà agencé en figures abstraites. Des patchworks courent le long des murs. Le mur d’abside est couvert d’une grande tapisserie qui, en fait est en claire-voie, laissant apparaître les motifs en mosaïque plaqués sur la maçonnerie. Les vitraux sont à sujets mi-abstraits et l’autel est un magnifique bloc sculpté. Les prés et bois sont peuplés eux, d’apparitions étranges de sculptures massives semblant rêver en ces lieux déserts. Ces statues sont faites d’un agglomérat de sables et de bétons.
Plus loin, sur une pente, douze de ces êtres sans visage se concertent devant un petit temple à quatre colonnes où pend comme un heurtoir ou battant de cloche tibétaine. Plus loin, une chapelle ornée d’une crucifixion réalisée en fresque peinte. Enfin dans les bois, une construction circulaire à laquelle s’adjoint un couloir éclairé par un mur construit de culs de bouteilles. Ici, encore des mosaïques de petits cailloux et des fresques murales.
Tout au long de notre déambulation, Monsieur Bargues évoque cette époque où il a vu s’édifier ces gestes artistiques. C’était l’époque sombre des années de guerre. Roger Bissière recevait en son domaine des artistes comme Braque ou Manessier. Mondes, parisien et artiste et paysan des lieux, en parfaite symbiose dans, non seulement des actions artistiques, mais aussi des actions généreuses de protection de personnes qui avaient tout à craindre de l’occupant.
La maison est maintenant bien sereine, le soleil est revenu timidement, nous partageons le verre de l’amitié et Monsieur le Président remercie chaleureusement en notre nom nos hôtes à qui nous devons cette visite difficilement oubliable.

Henri Renault

Samedi 19 juin Figeac

Ce samedi de juin, nous nous retrouvions à grelotter dans la cour de l'ex collège et séminaire de Figeac. Madame Malagutti, du service patrimoine, nous entraine dans l'église du Puy toute prohce.
Selon la légende évoquée par les moines Saint-Anastase; au VIIIe siècle, ayant aperçu une aubépine fleurie en plein hiver en ce lieu, décida d'y fonder un lieu de culte puis une abbaye. Cette dernière entra en rivalité avec l'abbaye Saint-Sauveur sise en bas de l'actuelle cité.
Il ne reste que peu de chose du premier édifice.
En 1280 s'achevait la construction d'un vaisseau plus étroit que celui que nous découvrons, vaisseau auquel s'adjoignait un transept saillant.
Au XIVe siècle, les bourgeois font édifier des chapelles latérales qui entrainent par la suite l'élargissement de la nef.
Figeac, ville protestante au XVIe siècle, voit partir les tenants de la Réforme en 1622. La Contre Réforme apporte un certain nombre de changements, essentiellement dans la décoration et l'ameublement.
L'église actuelle est celle du XVIIIe siècle. Sa restauration s'achève. Les murs sont blancs et les structures architecturales sont soulignées d'un jaune un peu surprenant dans cet édifice austère lui apportant la lumière et la sérénité. Telle était la volonté de l'Eglise de la Contre Réforme qui désirait rapprocher la religion du quotidien des fidèles. Ceci est particulièrement visible dans les tableaux nombreux et de qualité, fraîchement restaurés pour beaucoup et qui mettent en scène les sujets religieux avec toute la familiarité et le pittoresque de personnages sortis tout juste du quotidien.
Tout celà, nous est montré, expliqué avec beaucoup de savoirs et de compétences de la part de notre guide. Qu'elle en soit vivement remerciée.
C'est Monsieur Philip qui prend le relais et nous entraîne dans les deux salons, actuellement en restauration; de l'ancien collège et séminaire de Figeac créés par Antoine de Laborie. Après avoir traversé le petit salon en travaux, nous pénétrons dans le Grand Salon. Nous y ressentons un choc. Sur un fond bleu couvrant l'ensemble des murs, trois niveaux de scènes peintes : en haut, scènes diverses illustrant la Bible sur toiles marouflées, au milieu, l'histoire suivie de Constantin, (début XVIIe siècle), en bas, suite de scènes champêtres peintes en blanc sur fond brun (fin du même siècle). Notre guide nous en détaille avec beaucoup de science toutes les qualités. C'est aussi avec beaucoup d'attention qu'il répond à nos nombreuses questions.
Petite marche descendant la ville et nous voilà à l'Hotel de Crussol où nous nous promenons dans une très jolie exposition conceptuelle sur les jardins de Figeac à partir des objets les plus usuels trouvés dans ces carrés de nature maîtrisée. C'est l'oeuvre toute de délicatesse de Violaine Lavau.
Le traditionnel pot de l'amitié nous attend dans une salle de l'Hôtel de Ville. Les remerciements, o combien mérités, sont exprimés à nos deux guides par notre Président.

Henri Renault

Samedi 30 octobre Saint-Médard et Montgesty

Ce samedi 30 octobre, en aprés-midi, à Saint-Médard, il ne pleuvait pas. Au contraire, la Bouriane était ardente et les flammes aux reflets pourpres, or et verts palpitaient sur l'azur.
Nous sommes plus d'une quarantaine, d'aprés les compteurs des deux associations de défense des maisons du Quercy et Maisons Paysannes à grimper vers l'église. Monsieur Rigal, le Maire, et Monsieur Palot, historien nous y accueillent.
Monsieur le Maire évoque la suite des travaux de restauration effectués et à venir. Monsieur Palot nous brosse l'historique du monument. Il attire plus particulièrement notre attention sur un magnifique confessionnal du XVIIIe à restaurer, sur le retable en bois polychrome avec un bas relief couvert en cuivre de toute beauté. Il nous invite enfin à admirer dans une vitrine éclairée le trésor de l'Eglise étonnamment important pour une si modeste communauté. Les peintures de la voute sont récentes. Reste à restaurer la partie ancienne de la nef.

L'Eglise primitive, romane, date du XIIe. Il en reste l'abside incluse dans le bas côté est . L'actuelle construction est la phase finale de plusieurs remaniements dans le cours de siècles. Nous sommes en ce moment dans l'Eglise du XVIIIe. Donc la nef d'origine est orientée autrement et la tour massive qui la surmonte a été surélevée en plusieurs phases.

Départ pour le domaine de Crabilhé. Nous accédons à la terrasse par un superbe escalier où nous attendent et nous accueillent avec beaucoup de gentillesse les actuels propriétaires, Monsieur et Madame de Lastic de Saint-Jal.
C'est un ancien domaine agricole avec une superbe maison de maître et de nombreuses dépendances. Nos hôtes affables, nous font l'historique, depuis l'acquisition dans les années 1960, des travaux de restauration qu'ils ont réalisés avec beaucoup de goût sur l'ensemble et plus particulièrement sur la belle maison qui a retrouvé son lustre du XVIIIe.
C'est avec simplicité qu' ils nous permettent de parcourir le défilé des pièces, lieux de vie aménagés avec talent. La terrasse donne sur le vaste panorama de bois et de collines qui s'étendent fort loin et donne une impression d'isolement et de douce sérénité. Notre hôte est un excellent conteur et nous sommes conquis.

Mais il faut bien s'extraire de ce petit paradis et nous partons pour le manoir du Rouergou, ancien domaine viticole lui, également aménagé pour en faire un lieu de vie et d'activités culturelles. Madame Chantal Crenne, la propriétaire, nous entraîne tout autour de la maison principale, qui, assise sur une forte pente, s'élève du plus bas sur
quatre niveaux. L'édifice donne l'impression d'une forteresse avec sa grande tour massive. Donc au premier niveau, de superbes caves voûtées, au-dessus l'ancien chai et les deux derniers étages, les lieux de vie. Le bâtiment remonterait au Moyen-Age: il a été remanié et agrandi au cours des siècles suivants. Puis nous passons devant une curiosité: une grange absidiale. Nous finissons par la grange principale dont l'intérêt est la toiture. La charpente est incluse dans les murs et s'élève fort haut en quittant les murs. Pas d'entrait reliant les fermes. C'est la forme en coque de bateau. La salle ainsi dégagée est magnifique d'espace. Un superbe dallage finit par ern faire une belle salle d'expositions ou de manifestations dramatiques ou musicales.
Le verre de l'amitié arrive avec la naissance du crépuscule. Madame Crenne nous offre un Fénelon bienvenu, s'ajoutant à notre cidre et biscuits traditionnels.
Bien des remerciements et compliments, appuyés de forts applaudissements vont à notre hôtesse de la part de notre Président, notre poirte parole, visiteurs enchantés.Quelques entretiens et bavardages amicaux closent ce bel après-midi d'automne.

Henri Renault

 

Samedi 11 décembre Conférence sur les peintures murales de la cathédrale de Cahors en compagnie de Virginie Czerniak, Maître de Conférence en Histoire de l'Art Médiéval à l'Université de Toulouse 2 le Mirail