Asmpq
  Les sorties 2008 de l'association                      Autres sorties

12 avril 2008 Calamane et Nuzéjouls
Un groupe composé des membres de l'Association pour la Sauvegarde des Maisons et Paysages du Quercy et de Maisons Paysannes du Lot s'est retrouvé dans le village de Nuzéjouls le samedi 12 avril.

Accueillis par Madame le Maire, ils ont d'abord entendu une présentation de la philosophie qui avait guidé l'architecte Monsieur Fresquet pour l'aménagement du village vers 1980.A l'époque, il n'existait pas de place, a mare aux canards avait été comblée, pas de murs de pierres sèches. L'aménagement a été axé sur l'eau lavoir, piscine, fontaine, mare aux canards recréée, utilisation des galets.

Alain Gérard, conseiller municipal, a évoqué l'ancien village, avec le cimetière près de l'église, l'école libre à la place de l'Oasis, l'école communale dans le bâtiment de la mairie actuelle, les maisons démolies pour laisser la place à la montée vers l'église,les différentes étapes de la construction de l'église, sa restauration par les habitants aidés par un maçon du pays.

Puis le groupe prend la direction de Calamane et de son château, où nous sommes accueillis par Messieurs Albert père et fils dont la famille est propriétaire depuis le 19e siècle. Monsieur Albert retrace l'histoire des familles qui ont été seigneurs de Calamane et alliés à de grandes familles de la noblesse du Quercy,Béraldy,Durfort-Boissières,etc.Un peu de marche autour du château pour admirer la façade extérieure et apercevoir les vestiges des mâchicoulis, des archères et des latrines...

Nous poursuivons ensuite vers le moulin de Calamane, propriété de Madame Serres,qui nous retrace son histoire d'après les dates qu'elle a trouvé sur différentes pierres. Quant à Monsieur Pezet, membre de l'Association des Amis des Moulins, il est venu de Latronquière pour nous faire un exposé très complet sur les différents types de moulins à eau avec roue horizontale ou verticale. Après l'histoire et la technique, est venu le réconfort avec le verre de l'amitié (Tariquet en particulier) et quelques pâtisseries.Excellente après-midi, particulièrement riche. Félicitations tous ceux qui l'ont préparée.

Simone Denjean

14 juin 2008 Les Arques et la chapelle Saint-André
Près de 25 personnes sont présentes. Ce juin morose a cependant entr'ouvert un doux soleil sur un paysage champêtre des plus riants. Notre président nous accueille et nous présente nos hôtes et guides. M. Bladou, Maire, M. Gérard Laval, président de l'Association des Arques et Mme Marroux, notre vice présidente qu'il est inutile de présenter ici.

Le Premier magistrat évoque le projet qui a permis, aux Arques, petit village riche de son passé de renaître en cette fin de XXe siècle. En conséquence d'une histoire riche, un patrimoine qui ne l'est pas moins mais abandonné au "désert", il y a quelques décennies. C'est sur ce patrimoine environnemental et surtout bâti, et de belle allure qu'on construit un projet pour la préservation, destinant tout un îlot bâti, rénové et adapté, à l'accueil en résidence d'artistes de valeur reconnue. S'ajoute le musée Zadkine, sculpteur renommé qui fit des Arques sa résidence principale dans les dernières décennies de sa vie.

De nombreuses institutions, nationales, régionales et européennes ont permis à ce projet d'aboutir, car il dépassait très largement les possibilités d'une petite commune. Il marie le respect du passé avec le désir d'aller vers l'avenir. Pour l'instant le musée et les expositions des résidents attirent un tourisme important et de qualité. Départ de l'idée du projet : 1986, concrétisation : 1988. A ce jour, ce village résidence a permis de créer 15 emplois.

Ainsi M le maire pour la partie administrative et M Laval pour la partie animation artistique, nous guident dans les sinuosités étonnantes d'un projet éclos dans la république administrative, dans la déambulation autour des réalisations architecturales de qualité. Mme Marroux évoque l'histoire du village qui le conduit des premiers prieurés, l'église Saint-André, les doyennés et abbayes de l'époque allant du Haut Moyen-Age à l'époque romane. L'Eglise s'efface, l'aristocratie s'impose, remplacée par la bourgeoisie qui précède le presque abandon du village qui montre aujourd'hui, grâce à la rénovation les richesses d'un passé remarquable.

Remarquable, l'église Saint-Etienne conçue pour servir de paroisse. Superbe edifice, roman au départ, originalement traité ensuite par une architecture imposante mais aussi avec un peu de fantaisie. Précédent cette visite, nous parcourons les salles du Musée Zadkine, petit par ses dimensions mais riche par l'extrême qualité des oeuvres exposées. Notre guide, grâce à sa profonde connaissance de l'artiste nous ouvre les arcanes d'une oeuvre magnifique et originale.

Petite promenade le long de la Masse dont les biefs conduisant aux anciens moulins, baignent d'une eau calme, les pieds des jolies résidences certainement secondaires.
Visite de la petite chapelle romane Saint-André. Un coffre-fort qui garde un trésor, des fresques du XVème siècle bien conservées que nous détaille avec enthousiasme et érudition Mme Marroux.

Le pot rituel, en cet endroit de charme et de calme, tout encoloré de soleil, permet à notre Président de remercier nos guides excellents de combien précieux.

Henri Renault

27 juillet 2008 Saint-Pierre Toirac et Larroque Toirac
Un temps chaud attendait les soixante participants, membre de notre association et de celle des Maisons paysannes du Lot, réunis au pied du superbe château de pied de falaise de la Roque Toirac.

Après les présentations du programme et des hôtes qui allaient nous guider lors de cette journée, nous nous dirigeons vers l'entrée de la magnifique construction forte où nous accueillent le propriétaire, M. Wagner-Hautesserre et ses deux jeunes guides. La visite s'effectue par petits groupes. Le château-fort, car aussi le fût-il, a gardé quelques éléments du XIIème siècle, en particulier une tour aujourd'hui arasée et supportant une terrasse. Les autres tours et tourelles sont plus récentes et, avec l'ensemble du bâtiment ont été remaniés à la Renaissance et dans le courant des siècles passés. Avec les grottes proches, il a servi de refuge pour la population lors des guerres, qui depuis celle de Cent Ans ont déferlé sur le pays. Tel qu'il se présente aujourd'hui, il reste un fier témoignage médiéval.

La visite nous conduit dans l'enfilement des pièces dont certaines ont servi de Mairie, d''école et de logement des instituteurs. Aujourd'hui, elles sont encore habitées une partie de l'année par les propriétaires. Elles sont aménagées avec goût respectant au possible les témoins du passé. Différents meubles et objets anciens en font un peu un musée vivant. Des restes de fresques ont persisté malgré les injures du temps et des hommes. Dans l'encadrement d'une grande fenêtre, les murs rassemblent une belle collection de graffitis de tous les temps.

Quelques centaines de mètres plus loin, c'est Saint-Pierre-Toirac. M et Mme Adam de Villiers nous reçoivent dans leur gîte de caractère. Mme Gautrand, architecte de nos hôtes et M. Laporte, architecte et directeur du CAUE nous montrent l'art d'aménager une grange ancienne en l'adaptant aux exigences de la vie moderne, tout en respectant les données architecturales d'une construction ancienne à vocation rurale. L'édifice était fort dégradé au départ et c'est avec l'aide de cartes postales anciennes qu'il fût restauré au plus près de son origine.

A proximité immédiate, l'église fortifiée du village que Mme Marroux nous présente. L'extérieur est d'une grande austérité, murs puissants, élévés, percés de rares ouvertures. Cependant y est appliqué une discrètre sculpture, provenant sans doute d'une voussure disparue. La délicatesse de l'image taillée contraste avec la masse aveugle du mur.
L'intérieur est tout autre. Grand édifice roman traité avec beaucoup d'imagination et avec une richesse d'inventions architecturales qui s'opposent à la rudesse et le frustre des sculptures des chapiteaux. Notre guide nous invite à découvrir les multiples détails savoureux ou inattendus que font images de pierre ou de bois.

Direction Cajarc, où nous attend à l'auberge du Pont, un repas reconstituant et de qualité.
Le soleil s'est fait impitoyable... Cependant, nous rencontrons un hâvre de fraîcheur en traversant les jardins de l'ancien moulin de Larnagol. C'est pour mieux escalader sous le plomb fondu le chemin qui nous conduit à la Mairie. Nous accompagne M le Maire.

La grande salle de la maison communale nous offre des sièges bien venus. Dans son allocution, le Premier magistrat nous précise que son prédécesseur, présent à ses côtés, est le créateur du PLU de la commune.L'intervention se poursuit avec la participation de M. Pierre-Marie Gilles, architecte et son assistante. Avec une projection de plans et de graphiques enrichis de commentaires éclairants, nous pénétrons les arcanes d'un processus qui permet de projeter l'avenir d'une collectivité en essayant de répondre à un jeu de contraintes administratives, naturelles, environnementales, sociales et humaines. Sujet qui nous interpelle tous.

Nous revenons à la fraîcheur arborée du moulin où nous accueillent la propriétaire et sa fille qui ont restauré l'édifice et son parc. Un cadre prestigieux. Mme Angé, à l'origine de cette métamorphose avec son mari, aujourd'hui disparu, est aussi pionnière dans la culture du safran. Tout nous est révélé au sujet de la production de cette rare épice. C'est avec la même gentillesse que toute la famille se met à notre service pour nous offrir rafraîchissements et gourmandises, toutes parfumées au safran. Un stand de ces divers produits ouvert à la vente nous attend discrètement.

De vifs remerciements, prononcés en notre nom par notre Président sont des plus mérités. En général, ces paroles sont aussi l'annonce de séparation. Hé bien non ! Bien longtemps encore, les petits groupes disséminés sous les frondaisons vont continuer de longs palabres, envoûtés qu'ils sont par les sortilèges du lieu et le charmant accueil de nos hôtes.

Henri Renault

18 octobre 2008 Albas et Bélaye
Une cinquantaine de personnes représentant notre association et celle de Maisons Paysannes du Lot se retrouvait sur la grand’place d’Albas en cette après-midi. Un soleil resplendissant allait perdre assez vite de ses couleurs mais rien de grave.Nous rejoignons la mairie où nous accueillent M. Pezet, ancien maire et le nouvel élu M. Stambouli. Brèves paroles de présentation du programme de la demi-journée, de nos hôtes et accompagnateurs.

Le Premier magistrat nous brosse un rapide portrait de sa commune en l’état actuel, s’appuyant sur quelques documents en exposition. Il se dit également heureux de voir sa commune attirer l’attention de nos associations. M. Pezet prend le relais et entraîne le groupe pour la visite du bâtiment, la mairie occupant une construction d’une certaine ampleur. Celle-ci a entièrement été réaménagée pour accueillir sa nouvelle destination. Beau travail ou l’ancien et le moderne se sont mariés pour en faire un cadre agréable et fonctionnel.

Notre visite nous conduit ensuite dans l’église. De l’ancien édifice, rien ne subsiste, si ce n’est des objets rituels présentés dans une vitrine ainsi que des pièces précieuses de l’ancien trésor.

Mais la jeune église avait cependant besoin d’un bon rafraîchissement et celui-ci a été fait avec goût et intelligence. C’est ainsi que Mme Creunier, notre guide et responsable de l’association de défense de l’ancienne église nous en montre les bienfaits.

Un petit tour rapide pour approcher la centrale électrique aux 5 turbines, face à l’atelier de fabrication et de restauration de vitraux de M. et Mme Creunier. Nos deux mentors nous y accueillent avec chaleur. En deux groupes, nous allons nous initier à l’élaboration d’un vitrail, du projet avec dessin sur papier grandeur nature, jusqu’à la réalisation en verres de couleur sertis dans le réseau de plomb. Beaucoup d’entres nous ignoraient certainement tous les arcanes de ce beau travail.

Cette bien belle visite commentée de mains de maîtres achevée, nous nous rendons à Belaye. L’église-forteresse nous est présentée avec son histoire tourmentée par Mme Schmidt, membre de notre comité directeur. Ainsi, cet édifice prises et reprises maintes fois par les Anglais, est sortie intacte de la Guerre de Cent Ans puis de celle des Religions, sans les fils d’Albion cette fois. Les coups de boutoir des uns et des autres n’auront guerre ébranlés notre solide église qui s’accroche au rocher sur une très large assise.

Une promenade le long de ce qui fut l’ancienne courtine du vieux castrum, un arrêt devant le magnifique panorama et c’est l’heure des remerciements à nos hôtes de notre président puis le verre de l’amitié clôt cet après-midi bien riche et agréable.

Henri Renault

15 novembre 2008 Cahors au fil de sa grand'rue
Cahors fut au Moyen Age une cité active, riche, florissante, un astre de belle grandeur dans l’espace européen de l’époque. Tout le monde sait cela mais ne le voit pas toujours dans tous les signes laissés dans le visage de la ville. Aussi doit-on à Monsieur Carrère, animateur de la Ville d’Art et d’Histoire de Cahors, une après-midi, celle du samedi 15 novembre, d’une grande richesse, partis, que nous étions à 44 ou 45 personnes, suivant notre guide, à la découverte ou redécouverte des témoignages de cet âge d’or de notre cité.

Ainsi déambulons-nous du nord au sud, des Soubirous aux Badernes, selon l’axe majeur de la ville médiévale, sous la direction passionnante de notre guide, qui nous offre, avec charme et légèreté, son érudition sans limite. Chaque objet à observer est replacé avec art dans son cadre et son historique. Aucun détail étonnant ou savoureux n’est oublié. C’est la lecture souriante mais profonde et exhaustive d’un beau livre d’histoire sur Cahors. Devant la multitude de ce que nous avons vu et entendu commenté, il m’est impossible de faire plus qu’une simple énumération et encore bien incomplète.

Un peu d’histoire pour évoquer la naissance de Divona, la cité des Cadurques qui, au Haut Moyen Age se resserre dans l’espace actuel d’entre le Boulevard et la rivière, avec ses trois faubourgs; la Barre au nord et sa maladrerie, Cabessut à l’est autour des Jacobins, St Georges au sud. L’espace ouest, alors, est abandonné et occupé petit à petit par les Congrégations religieuses.

La ville du XIIème au XIVème siècles est celle du commerce, des banquiers (changeurs), de l’argent. Ses familles parcourent l’Europe et s’enrichissent, accroissant leur influence en prêtant de l’argent jusqu’au Roi de France. Tout au nord, un témoignage de la puissance de ces patriciens, l’Eglise St Barthélémy qui ne cache pas le poids de l’importance de ses fondateurs. Elle doit beaucoup à l’un des enfants de la cité, Jacques Dueze, devenu Pape en Avignon. Son frére Pierre construit le Palais qui lui fait face imposant la puissance de sa tour et de ses murs. En descendant la rue du Château du Roy, nous admirons quelques maisons médiévales dont certaines ont gardé une partie visible de leurs anciennes structures et de leur décor: Hôpital de Grossia, Palais Dévia avec son donjon, son long mur et sa terrasse suspendue, les restes du collège Pélegri lui aussi avec tour, symboles de puissance. Ainsi quatre vingt pour cent des maisons du vieux Cahors sont d’origine médiévale, un record. Maisons Renaissance, restaurées dans le quartier de la Cathédrale sans oublier cette dernière avec lecture commentée de la statuaire du portail nord: décor fabuleux, au sens premier du terme.

La rue Nationale nous offre encore bien des maisons, parfois à pans de bois, des venelles aux noms évocateurs; restaurées parfois avec respect, parfois avec désinvolture. L’ancienne Eglise St Laurent, aujourd’hui immeuble d’habitation accueille notre dernier regroupement autour de Monsieur Carrère, qui pour sa prestation riche, aisée et souriante, simple et accueillante, reçoit de vifs applaudissements bien mérités. En notre nom, notre Président, remercie notre guide comme il le mérite. Au sud, sur la colline, quelques cyprès se détachent sur un ciel Véronèse, au nord, l’ombre d’un novembre souriant a chu sur le décor qui s’illumine des lumières de la ville.

Henri Renault