Asmpq
  Les sorties 2006 de l'association                      Autres sorties


10 juin 2006 L'architecture rurale de Villesèque

En ce samedi 8 juin, une bonne cinquantaine de nos amis et adhérents se retrouvaient avec bonheur, par un temps magnifique, en ces villages de Villesèque et Trébaix.

Les paroles de bienvenue de notre Président émises et contrepointées par le jeu aigu des martinets, nous pénétrions dans l’ombre fraîche de l’Eglise. Monsieur le Maire nous expose les complexités de l’établissement d’un P.L.U.. En résumé, la commune tient à mettre en valeur la qualité spécifique de son bâti ancien, à conserver un urbanisme « éclaté » raisonnable propre à ce coin du Quercy et à prévoir un développement contrôlé, qui n’altère pas trop un environnement harmonieux, fruit de plusieurs siècles d’occupation.

J’évoquerai de suite, à ce sujet, les quelques habitations que nous avons pu admirer grâce à l’accueil des propriétaires qui ont rénové leurs maisons avec le souci de respecter les traditions architecturales locales. Le Quercy est un damier de petits pays qui ont chacun une individualité marquée. Ici, le Quercy Blanc est de craie blanche. La pierre plus dorée qu’on le croirait et tendre, se travaille très facilement. Aussi les murs sont montés de grandes pierres de tailles et les moëllons sont parfaitement équarris. Cela donne de grandes constructions rectangulaires, parfois en L, à l’intérieur desquelles s’inscrit le bolet traditionnel. S’ajoute le colombier indispensable élevé souvent au-dessus de l’entrée sur piliers, ou dans l’angle formé par le L.

Revenons dans l’église à l’austère simplicité d’une grande dîmière. S’ajoutent deux chapelles en fausse croisée. La nef se voit plaquée d’éléments ogivaux…Mais laissons Madame Marroux qui fut notre guide érudite et enthousiaste nous détailler les splendeurs du Maître-Autel et les richesses d’art et de naïveté des peintures, sculptures et objets du culte que recèle cet édifice rural du XVIIème siècle.

A la sortie, notre guide évoque le nombre d’or et le compagnonnage et ses secrets car certaines maisons du village ont bénéficié de leur art. Nous les découvrons dans la déambulation dans laquelle nous entraîne notre hôte infatigable. Nous arrivons à l’église de Trébaïx. Bien modeste, elle n’en est pas moins intéressante offrant des fresques en partie bien conservées. Nous achevons notre visite par une tour d’une ancienne Commanderie. Impressionnante dans ses dimensions et ses rares ouvertures étriquées.

Le périple s’achève. Le pot qui clôt ce bel après-midi est bienvenu car les gosiers ont soif ! Monsieur le Président remercie et félicite sous des applaudissements prolongés ; Monsieur le Maire qui a tenu à nous accompagner jusqu’au bout et Madame Marroux notre guide émérite.

Henri Renault


30 juillet 2006 de Moissac à Lauzerte

La température s'était faite plus clémente pour que nos 60 participants puissent profiter pleinement de cette journée.

Tout commença à l'Uvarium de Moissac par une dégustation de divers jus de chasselas. Historique du cadre, style des années 30, cure uvale pour attirer les riches bordelais. Puis évocation de la crue de mars 1930 qui détruisit tout un quartier, reconstruit dans le style de l'époque.

Au dernier étage du Moulin de Moissac l'un des plus anciens moulins connus, aujourd'hui hôtel 3 étoiles, évocation de l'activité portuaire avec notamment les expéditions de blés vers Bordeaux, étape sur le chemin des Amériques.

Départ vers Lauzerte, pour une première halte au restaurant Le Belvédère de l'Oustal, cadre agréable avec magnifique panorama. Une première étape nous permit d'admirer un pigeonnier héxagonal restauré par un céramiste disparu tragiquement. C'est ensuite autour de la petite église de Saint-Sernin du Bosc que notre groupe fut accueilli par Mme Puig et son équipe. Ses commentaires nous ont permis d'apprécier la qualité du travail accompli pour la restauration de cet édifice et ses alentours.

Jean de Chalain remit une petite participation financière à cette association.

La dernière étape en compagnie de M. Mascharetti, guide à l'office de tourisme, commença par la visite de la belle bourgade de Lauzerte et conduira notre groupe vers l'église et apprécier les talents de M. Jean-Luc Maitre, organiste. Le pôt de l'amitié servi près de l'ancien château siège de la sénéchaussée, clôtura cette riche journée.

En conclusion, faisons nôtres les paroles de l'abbé Lagarde, ancien curé de Lauzerte, au sujet de la restauration de Saint-Sernin du Bosc en particulier et de toutes les restaurations entreprises ici et là : "Avoir le souci de Saint-Sernin, c'est maintenir en soi la lumière d'un rêve et d'une utopie qui rajeunissent, en nous faisant vivre, dans notre modernité, une passion pour ce que notre monde juge inutile, obsolète et désuet, alors qu'en réalité, c'est bien la préoccupation exclusive de l'utile, de l'efficace et du rentable qui accélère notre vieillissement, en nous vidant et en nous usant prématurément. Saint-Sernin est le témoin vivant de la beauté, de la gratuité et du rêve inspiré, autrement dit de ce qui redonne à la vie son sel et son prix".

Simone Denjean

 
28 octobre 2006 les châteaux de Sauliac et de Cabrerets

L’été indien, particulièrement estival cette année, avait sorti ses plus beaux atours et la cinquantaine de visiteurs que nous étions, allaient en jouir pleinement lors de cette après-midi du 28 octobre 2006, consacrée à la visite des châteaux de Sauliac et de Cabrerets. Ces deux superbes maisons sont distantes de quelques kilomètres dans la vallée du Célé. Nous y fûmes accueillis avec chaleur par Monsieur et Madame Bye pour le premier et Madame et Monsieur Sahut d’Izarn aidés de leur jeune petit fils pour le second.

Ces personnes, furent, les unes et les autres des guides parfaits d’érudition et de simplicité et nous prîmes beaucoup de plaisir et d’intérêt à suivre et leurs discours et leurs pas à travers les dédales de leur propriété.

Ces deux ex-forteresses sont situées chacune sur un éperon rocheux dominant la rivière dans un cadre de verdure, enserrées par la chaude étreinte des falaises ensoleillées. Leur histoire est la même dans une suite de guerres (Cent ans et de Religions), de destructions, reconstructions, déshérences et finalement relèvements et restaurations. Ces suites d’évènements se lisent dans les architectures variées qui s’accolent en fait avec harmonie. Les propriétaires en sont évidemment les plus récents restaurateurs et fiers légitimement de leurs travaux, ils nous en ont exposé la suite et montré les résultats souvent remarquables. Le château de Sauliac, dit de Geniès est devenu un gîte et offre des chambres chez l’habitant.

Le château de Cabrerets, souvent appelé de Gontaud Biron ; à tort selon le propriétaire puisque ce personnage n’y mit jamais les pieds, et qui de ce fait, devrait porter le nom seul de Gontaud, son fondateur, est lui, une demeure familiale et son aménagement par Monsieur Sahut d’Izarn possède un charme au sens médiéval ou féerique du terme.

Quelques rafraîchissements bien venus par ces chaleurs tardives venaient clore cette belle journée et Monsieur le Président, remerciait en notre nom nos hôtes pour leur accueil et formaient des v½ux pour la suite de leurs travaux.

Henri Renault  

25 novembre 2006 le village de Cremps

Le 25 novembre dans l’après-midi, une soixantaine d’adhérents de notre association ont eu le plaisir de découvrir le patrimoine bâti de Cremps en compagnie de Mme Anne-Marie Roques, auteur d’une étude détaillée sur son village.

Après une introduction historique très documentée, eut lieu la visite de l’église néo romane, dont la qualité indiscutable, réconcilia une grande partie de nos membres avec l’art religieux de la fin du XIXe siècle en Quercy. Une question était sur toutes les lèvres : « Comment une telle construction fut-elle financièrement possible pour une communauté rurale assez modeste, même si la grande époque de la truffe du Quercy explique bien des choses » ?

D’ailleurs un contexte religieux particulier est perceptible dans ce village qui comptait un pèlerinage très couru auprès d’une source guérisseuse et qui possède encore 25 croix de pierre au long de ses chemins. Une, en particulier, offre la singularité de comporter en un petit bas-relief une statue de la vierge au-dessous d’une coquille qui rappelle en ses lieux, non pas le chemin de Saint-Jacques, mais la Vierge de la nativité, dont le corps donne naissance à l’enfant Jésus comme la coquille à la perle (la matrice est dans beaucoup de traditions sacrées représentée par la coquille) d’où d’ailleurs les nombreuses « Maria-Concha » espagnoles les fameuses « Conchita ».

Entre autres notables constructions, il faut signaler une maison à galerie, très ancienne sur la place de l’église ainsi qu’un auvent, tout proche, qui abritait autrefois les réunions des représentants de la communauté d’habitants du village. C’est certainement là que furent élaborés les cahiers de doléances du tiers-état de la paroisse de Cremps à l’aube de la Révolution.

Une deuxième partie de la visite devait nous conduire à une découverte passionnante, celle de la forge, magnifiquement conservée, outils compris, et que nous fit apprécier avec brio Monsieur Hatterley , son actuel propriétaire et sauveteur. C’est également à lui que l’on doit la restauration magistrale de la maison du forgeron, véritable témoignage du modernisme du Quercy rural du début du XXe siècle. Cette maison est devenue un gîte rural de caractère adapté même au handicap sensoriel ou moteur.

L’après-midi s’est terminé chez M. le Maire de Cremps, qui nous a reçus fort aimablement dans sa demeure dont l’importance témoigne, elle aussi, de la prospérité réelle que des générations de Quercynois avaient su créer sur le causse.

Au total donc, un fructueux contact avec un terroir dont on a entrevu au passage de multiples richesses que la demi-journée ne nous permettait pas de détailler mais qui appellent à d’autres visites, en groupe ou individuellement.

Sylvie Marroux