Le 23 juillet, c’était notre sortie d’Eté

, par Gilles

C’est la sortie d’Eté. Elle est consacrée aux bourgs de Cardaillac et son musée éclaté, à Viazac, puis les hameaux de Caviale et Laboudie. C’est une région vers laquelle nous ne nous dirigeons pas très souvent. Pays aux confins du Massif-central, elle est d’un aspect caractéristique. Ce n’est plus les causses calcaires mais la pré-montagne au sol de grès donc acide : végétation de bruyères, de bois peuplant des croupes divisées par des ravins où s’ébrouent des eaux fraîches. L’aspect des villages est en rapport, bien sûr, avec le sous-sol (anciennes mines de charbon). Le grès d’un joli crème se marie fort bien aux bois de construction abondant ici.

Le village de Cardaillac répond parfaitement à cet environnement. Certes la pierre est lourde et anguleuse mais l’usage du bois allège les étages. Ainsi les maisons sont fortes, le rez-de-chaussée est solide et confortable et l’étage en colombages crépi jaune répond à la couleur chaude de la pierre brute. Nous admirerons tout au long de nos déambulations nombre de belles constructions.
Mais c’est aussi son “Musée éclaté” qui fait tout l’attrait du village et sa réputation. Nous sommes une soixantaine d’adhérents, amis et candidats à l’admission. Le musée étant éclaté en plusieurs lieux de même nous nous répartissons en plusieurs groupes qui s’emmêleront parfois entre eux ou avec d’autres groupes. Mais cela n’a aucune importance !

L’école reconstituée est la première partie que j’ai visitée. C’est une collection incroyable de meubles, livres et objets de l’école d’autrefois qui se trouvent exposée en situation. Les encriers sont là, les plumes aussi (mais pas l’encre, sage précaution !) Les cahiers sont ouverts sur des pages couvertes d’une très fine écriture parfaitement calligraphiée. Les méthodes de lecture sont abondantes et le choix peut-être difficile. Une riche bibliothèque occupe le fond de la classe..., un tableau noir avec un début d’écriture à la craie, les cartes.., les compendium…manque que le maître un peu sévère mais pas trop…

Passons à l’atelier du sabotier. C’est la même accumulation d’outils variés.
Notre guide, ici nous en donne les noms et les fonctions. Quelques sabots ou galoches inachevés nous permettent de comprendre la suite des opérations.
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Ici les pruneaux et le four à pruneaux. Accrochés aux murs les grands “paniers” d’osier qui servaient au séchage. Travail délicat et complexe sur cinq semaines que nous raconte notre guide infatigable. Mais nous n’avons certainement pas tout vu. Mais n’oublions pas le moulin à huile dans ce pays de la noix ! Félicitons les auteurs et acteurs de ce musée intégré dans les maisons du village. Cela est le fruit d’un engagement où l’intelligence se marie au dynamisme.

Nous passons à la visite du bourg, de ses maisons actuelles et passées qui se tassent à l’ombre de ses trois tours qui se dressent dans le ciel, restes de maisons seigneuriales aujourd’hui disparues. Ces tours d’angle distribuaient les différents étages. Les Guerres de religion ont eut raison des maisons qu’elles épaulaient. Plus humblement les nombreuses maisons en base de grès et aux étages en colombages.

Repas pris à Bagnac. Parfait !

Petite promenade : quelques maisons en base grès, en haut, colombages. Direction Viazac où nous nous arrêterons dans quelques hameaux.
Au premier, à Caviale, étude sur objet d’une maison complexe où l’utilisation du bois à servi à créer des circulations reliant différents bâtiments pour n’en plus former qu’un seul. Très beau travail ! La complexité ici ne conduit pas à la débauche. La restauration a respecté les choix pratiques et économiques où le bois a joué le rôle principal.
A l’arrêt suivant, Laboudie, un porche-colombier, construction monumentale toujours en bois coiffant deux forts piliers en pierre. Le propriétaire nous explique
que l’ensemble menaçant de choir sur la route, en raison du terrain trop meuble,
il a fallu conforter les bases par ancrage sur un apport de fortes pierres. Ce cultivateur-restaurateur nous a également montré qu’il a fait réaliser des la magnifique “forêt” qui maintient la couverture de sa grange. Ces travaux ont permis d’adopter des procédures qui allègent la pesée sur les murs tout en restant fidèle à la splendeur d’origine.

Nous voici à Saint-Perdoux. Gros village bien aménagé. Il y eut une mine de charbon en ces lieux aujourd’hui bien coquets. Allons voir l’église, jolie, lumineuse dans sa simplicité. Notre guide attire notre attention sur les sculptures des chapiteaux. Une pose problème de lecture...non résolu. A l’entrée de l’église, une relique de St Roch. A l’instant où notre guide nous signale sa présence, un chien, laissé à l’entrée aboie. Pourquoi ?

Il est temps de revenir sur le beau parking municipal où se tient une construction qui peut faire office de bar en plein air. Or, c’est l’heure de notre verre de l’amitié. Notre président, Patrick Goyet, présente en notre nom, ses compliments et ses remerciements à tous les valeureux auteurs de cette journée fort réussie. Forts applaudissements aussi.

Le ciel du matin chagrin s’est éclairci en cet après-midi.

Henri Renault.