10 juin, Montpezat-de-Quercy, Saux et la grange à "Coupet"

, par Gilles

Revivez cette sortie avec les notes d’Henri Renault

Montpezat de Quercy ce samedi 10 juin, quatorze heures et un peu plus. Le soleil est présent et nous accompagne jusqu’au soir n’oubliant pas de darder ses chauds rayons. Pas le moindre petit nuage dans les environs. Nous sommes à peu près vingt deux ou vingt quatre présents à cette visite de l’après-midi : les habitués, pas tous, mais aussi quelques nouveaux qui désirent adhérer et nous rejoindre dans le choeur de notre association.
Donc vingt deux, vingt quatre aux portes du Syndicat d’initiative et de la Porte Saint-Jean, une des entrées de la vieille ville. Notre guide de la demi-journée, M. Moureau nous présente le programme de la visite.
Un peut d’histoire : Montpezat n’est pas une bastide comme on pourrait le croire mais une ville ancienne, la présence de tombes et sarcophages du deuxième et troisième siècles en témoigne. Cependant dans le cours de l’Histoire, le coeur de la ville s’est déplacé. Les seigneurs lors de l’Inquisition ont été remplacé par l’autorité des Abbés de Sainte Foix de Conques et de l’Evêque de Cahors. S’implantent de riches familles qui donnent à la ville d’importantes personnalités religieuses dont un cardinal.
Au quatorzième, le village est fortifié. Un fossé, des murs d’enceintes avec cinq portes dont une seule persiste, celle de l’Hôpital.
C’est par cette porte que nous pénétrons au coeur de la vieille cité ; nombreuses maisons à colombages parfois enrichis de têtes sculptées. Des ruelles, toutes aussi belles et pittoresques les unes que les autres débouchent sur notre rue principale qui elle même nous amène place du Reduch. Tout ce quartier était aux riches commerçants de la ville. Quelques pas encore nous amènent place du Marché. De tout temps, le marché à couvert s’est tenu en ces lieux avec la Maison de Ville. C’est aujourd’hui une vaste construction réunissant toujours le marché couvert et l’Hôtel de Ville. Les maisons sur la place sont du quatorzième et quinzième siècles.
Un couvent des Ursulines est fondé au XIVe siècle. Il devient en 1776 la Maison Royale d’Education. De nos jours, l’école publique occupe les locaux et jardins de l’ancien couvent. La promenade dans le jardin des Ursulines nous conduit à la splendide Collégiale du XIVe dont le clocher a perdu un étage.
La famille Depré, en ces temps va jouer un rôle important pour la ville. Le cadet de la famille se met au service du Pape Jean XXII. Son ascension dans la politique est fulgurante. Pour la ville, il crée quinze chaires de Chanoines. Le gisant de Pierre Dépré se trouve dans la collégiale. Celle-ci possède une magnifique tapisserie de quinze mètres, relatant la vie de Saint-Martin. Les lieux, en travaux lors de notre passage, ne sont pas accessibles au public. Derrière cette collégiale, les habitations des chanoines. Une bien curieuse construction où les logis sont distribués sur une tribune en bois courant le long du bâtiment.

Il est temps maintenant de nous rendre vers l’église de Saulx. Il est tard mais quelques-uns d’entre nous s’égarent. La belle église n’est pas au coeur du village mais au milieu des bois et l’on y accède par un chemin de terre. Elle apparaît soudain dans sa superbe robe couleur crème, lumineuse, vaillante au milieu de ce paysage de loups. L’intérieur est d’une grande clarté. Sa richesse ? Les murs, les coupoles, les chapelles, le choeur...sont illustrés de fresques qui n’ont été découvertes qu’en 1954 ! Elles sont de hautes qualités. Les scènes et personnages illustrant des sujets de la Bible, Ancien et Nouveau Testament sont d’une grande finesse dans leur expressivité. Les peintres ont continué jusqu’au XVIe, ce qui explique les changements de styles. La restauration a consisté à fixer les traits et les couleurs, ce qui paraît à l’heure actuelle chose réussie.
M. Moureau nous en traduit les symboles et nous identifie les scènes et personnages représentés. D’ailleurs, nous l’applaudirons bien fort lors des compliments que M. Goyet, notre président, lui exprimera à la fin de la visite.

Nous nous dirigeons pour finir vers la grange-halle de Coupet. Nous attendent pour les présentations et explications concernant la restauration de ce « monument » le propriétaire, le chef d’entreprise et son compagnon ainsi que l’architecte du CAUE, Edouard Ségalen, qui a apporté les aides techniques et l’accompagnement financier engagé par le Conseil Départemental.
Le bâtiment déploie huit cent mètres carrés de couverture ! Imaginons le poids d’une telle toiture en tuile canal. C’est une « cathédrale » avec son narthex et sa nef. A l’intérieur, les bas-côtés étaient occupés par les anciennes écuries et étables logeant chevaux, vaches et moutons. Au-dessus de ces stales, un vaste espace libre sous toiture pouvait recevoir foin et paille. Une large allée centrale dessert l’ensemble. Mais le spectacle est donné par le « ciel » fait d’une extraordinaire charpente, objet de toutes les attentions et intentions actuelles. Il est pour l’auteur de ce texte, pauvre ignorant, de retenir les noms de toutes les pièces de charpente qui, leurs formes, emplacement, taille, maintiennent la masse de l’ensemble. Visuellement, c’est un spectacle étonnant et superbe. Je ne vous ferai part des discussions entreprises par nos techniciens et experts. J’ai retenu une chose : cette grange existait déjà en 1817 et que certains considéraient comme œuvre de compagnons, ce que réfutent nos actuels techniciens qui considèrent que certaines erreurs ont été commises. Effectivement, ces erreurs faisaient porter les poids sur les murs d’une façon à fragiliser l’ensemble de la construction et il a fallu à nos restaurateurs, corriger ces erreurs. Chose faite et bien faite pour l’avenir de notre grange.
Les discussions se poursuivent et le verre de l’amité appelle à la rescousse. M. Goyet remercie les auteurs de ces travaux ainsi que les organisateurs de cette bien agréable après-midi.

Henri Renault

Compléments
On peut voir une vidéo sur le site du Conseil Départemental et consacrée à cette restauration

et aussi consulter la fiche d’inventaire détaillée ainsi qu’un album d’images